samedi 30 septembre 2017

De pourpre et de soie

Auteure : Mary Chamberlain
Editions : Préludes
Genre : Drame, Guerre, Historique
Date de sortie : avril 2016
Nombre de pages : 448

Quatrième de couverture
Londres, 1939. Quand Ada Vaughan commence à travailler au sein d’un atelier de mode de Dover Street, la belle jeune femme rêve d’une carrière dans la haute couture. Et d’échapper ainsi à l’atmosphère familiale pesante. Impossible alors de résister à l’énigmatique Stanislaus von Lieben, un gentleman entreprenant qui lui propose un voyage à Paris. Mais, à la fin de leur séjour, la nouvelle tombe : le Royaume-Uni et la France déclarent la guerre à l’Allemagne.
Découvrez la destinée d’une héroïne inoubliable prise dans les tourments d’une des périodes les plus sombres de l’Histoire. De 1939 à 1948, de la splendeur du Savoy aux ombres du camp de concentration de Dachau, entre passion, drame et espoir, Ada tentera de survivre à l’enfer.
Mon avis


C’est ma grand-mère qui m’a prêtée ce livre et me l’a vivement conseillée. C’est un de ses livres préférés. Ce n’est pas tiré d’une histoire vraie mais cela aurait très bien pu.

Je ne connaissais absolument pas ce livre ni son auteure avant aujourd’hui. Jusqu’à la fin, je me suis demandais si The Dressmaker of Dachau avait vraiment existé… elle paraissait si réelle mais Mary Chamberlain nous ramène à la vraie réalité (j'insiste sur le terme) en nous expliquant qu’Ada ou un personnage de couturière similaire n’ont pas existé.

Ada est le personnage qui, à cause d’un homme ou à cause d’un évènement, voit sa vie être bouleversée à jamais. On a envie de crier pour elle, de la défendre, de la prendre dans nos bras alors qu’elle est abandonnée de tout le monde. Mise à part son entrée chez les bonnes sœurs, Ada s’est laissée porter par les évènements en faisant le moins de bruits possibles et en obéissant aux ordres. Et puis, à la fin de la guerre, on réentend sa voix. Au final, on l’aime bien Ada mais elle se répète beaucoup autant dans ses discours que dans ses actions. Ainsi, elle se laisse piéger une deuxième fois par les hommes sans rien faire. C’est affreux qu’elle ne parvienne jamais à se défendre. Ada, naïve, reproduit exactement le même schéma, c’est le côté le plus agaçant de la jeune femme. Pourtant, les deux hommes de sa vie (et surtout le premier) ne lui ont causé que du malheur et de la déchéance mais, jusqu'à la fin, elle leur fait confiance.

La scène où sa mère la rejette est horrible, après tout ce qu’elle a vécu, elle ne parvient pas à lui raconter son histoire et se fait jeter comme une malpropre. C'est le deuxième défaut d'Ada (qui lui a beaucoup servi en temps de guerre mais pas dans sa vie quotidienne sans guerre), elle ne sait pas dire les choses et reste coincée dans un mutisme qui la piège et l'empêche d'être heureuse. Au fond, ne se ment-elle pas à elle-même ? En plus de tout, certains passages restent sans réponses… Qui était vraiment Frau Weiss ? Et Joachim ? Que sont-ils devenus ? Ada les a-t-elle rêvé ?

Je ne parviens pas à me prononcer sur le fait de savoir si ce livre est un coup de cœur ou non… J'aurais tellement de choses à dire sur ce livre mais c'est difficile d'en dire sans trop en dire, c'est pour cela que je fais une parenthèse car c'est la partie qui m'a le plus touchée. En tout cas, c’est une très belle lecture, dure, injuste et impitoyable mais très belle. J’ai l’impression d’avoir passé dix ans avec Ada dans ce livre. Toutefois, même à la fin de ma lecture, j’ai une sensation d’oppression qui reste là quelque part à flotter, on a des difficultés à se sortir de cette atmosphère pesante et on est d’autant plus triste pour Ada.



[ATTENTION SPOILERS ! La partie sur le procès a été particulièrement révoltante pour moi parce qu’Ada n’était pas jugée pour le meurtre de Stanley-Stanislas mais pour sa vie pendant la Seconde Guerre Mondiale. Alors que la jeune femme a fait comme tout le monde pour survivre, elle, en tant que femme, est jugée plus durement parce que la justice (juge, jurés et avocats composés exclusivement d’hommes) la considère comme une traître pour ne pas s’être rebellée contre sa condition et contre ceux qui la retenaient prisonnière, ne pas avoir opposée de résistance face à l’attaque nazie… C’est simplement ignoble ! On est outrés par les propos tenus par l’avocat de la partie adverse et par son comportement. Parce qu’elle est une femme, elle est jugée comme traître pour avoir décidée de survivre pendant la Seconde Guerre Mondiale. Et puis, les scènes se transforment et sont perçues sous un tout autre point de vue. Qu’est-il vraiment arrivé à Ada ? Quelle est la part de réalité dans son histoire ? Cela devient compliqué mais pas tant que cela parce qu'on sait que Ada a vécu l’enfer. FIN DES SPOILERS !]

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