mercredi 7 juin 2017

L'Ascension ❄ Un tocard sur le toit du monde

Auteur : Nadir Dendoune
Editions : Pocket
Genre : Autobiographie
Date de sortie : 2016
Nombre de pages : 160

Quatrième de couverture
Fils d'immigrés algériens, Nadir est un enfant du 9-3 qui a grandi avec pour seuls sommets les barres HLM de sa cité. Mais ce n'est pas parce qu'on est né du mauvais côté du périph' qu'on est obligé d'y rester ! Après un tour du monde à vélo réalisé en solo, il décide de s'attaquer à l'Everest et s'invente un faux CV d'alpiniste afin de convaincre un guide de l'y emmener. Arrivé sur place, la supercherie ne tient pas longtemps, et face à la difficulté de l'ascension, tous pensent qu'il va rapidement renoncer. C'est justement pour ça qu'il a continué. 

Mon avis


Je commence ce livre du fameux faux alpiniste après avoir vu le film de Ludovic Bernard L’Ascension qui s’est inspiré de son œuvre.

Nadir Dendoune est un jeune homme qui cherche à tout prix à s’échapper de son quotidien et de sa cité. Inconsciemment ou non, il y retourne tout au long de son périple.

Ses parents tiennent une place très importante dans cette aventure, Nadir pense à eux à chaque fois qu’il perd confiance et qu’il veut abandonner, et pour ne pas les décevoir, il ne perd pas espoir et se rebooste. C'est une personne qui a l’esprit de contradiction et quand on lui dit qu’il ne réussira pas, c’est à ce moment précis qu’il fera tout l’inverse. Ce récit en est la preuve.

Si loin de chez lui et de sa cité, il fait des rencontres incroyables dont une femme Manisha qui lui rappelle sa mère, Christian un Australien qu’il aide et attend quand celui-ci est malade, ou encore Franck qui tente l’ascension pour la troisième fois après deux échecs. Tandis que d’autres sont de véritables déceptions comme Cliff le guide de montagne ou le Sherpa qui l’insulte et le bouscule pour qu’il continue de grimper, même si toute cette violence l’a peut-être aidé à aller jusqu’au bout.

A travers le récit de son expédition, Nadir nous raconte ses souvenirs d’enfance car son ascension le ramène à sa vie entière et à tous ses bons et mauvais souvenirs. Peut-être même que sa récente rupture avec une fille qui le fait souffrir l’a amené à ce point décisif de sa vie. Il se remet en question à presque toutes les étapes de son ascension et de son cheminement personnel. Ses plus gros doutes surgissent alors qu’il touche à son but. En outre, il nous explique toutes les étapes compliquées physiquement et psychologiquement d’une ascension, autant lorsque l’on est préparé que lorsque l’on ne l’est pas. Il est toujours à fleur de peau quand il est en contact avec quelqu’un, toujours sur le qui-vive mais cela ne l'empêche de déployer tous les moyens nécessaires pour que tout se passe bien.

De plus, il part pendant une période de l’histoire où le Népal est en pleine « révolution » puisque les habitants peuvent pour la première fois voter librement pour leur gouvernement. C’est la fin de 239 années de monarchie pour les Népalais.

C’est une incroyable histoire. Sans expérience, il tente l’impossible mais offre au lecteur une belle leçon de courage et de dépassement de soi.


« Nous étions ensemble, mais en vérité, nous étions seuls, face à nous-mêmes. »


Titre original : L’Ascension
Réalisation : Ludovic Bernard
Année : 2017
Durée : 1h43

Mon analyse


J’aime beaucoup Ahmed Sylla, c’est de cette manière que j’ai découvert son nouveau film et la bande-annonce m’a bien plu, j’ai donc décidé d’aller le voir au cinéma. Même en sachant que le film était tiré d’une histoire vraie, c’était génial de voir à la fin des photos de celui qui a inspiré ce film et qui a réalisé l’exploit de monter au sommet de l’Everest sans expérience préalable.

Ahmed Sylla retrouve pour l’occasion d’autres humoristes tels que Kevin Razy ou Waly Dia avec qui il avait participé à l’émission de Laurent Ruquier, On ne demande qu’à en rire.

Pour le film, Nadir, d’origine algérienne est devenu Samy Diakhaté, un jeune homme d’origine sénégalaise : c’est l’une des plus grosses différences entre le livre et son adaptation. Ce sont deux personnes très différentes, Nadir est un journaliste indépendant qui voyage beaucoup et effectue des actions humanitaires. Son principal but dans la vie est de donner une meilleure image de la cité où il a grandi et de dire que l’on peut s’en sortir, l’ascension du mont Everest en est une fois de plus la preuve. A la différence, Samy Diakhaté n’a pas de travail, pas de but et il décide de gravir la plus haute montagne du monde par amour. En cela, le film a pris un caractère romantique. Pour le reste, le film s’est plus inspiré de l’autobiographie de Nadir Dendoune qu’il n’en a été fait une adaptation. En effet, beaucoup d’éléments ont été ajoutés pour « améliorer » le scénario dans le sens où il fallait donner au film une volonté romanesque. Ainsi, Samy se rend en haut de la montagne après avoir dit à Nadia : « Pour toi, je pourrais gravir l’Everest » alors que Nadir le fait pour lui-même et pour ses parents à qui il ne dit d’ailleurs rien de ses intentions. Contrairement à Nadir, Samy a de bonnes (voire très bonnes) relations avec les autres alpinistes et ne se met pratiquement jamais à l’écart. De plus, Samy, au début, prend la montée un peu pour une plaisanterie alors que Nadir lui veut donner un sens à sa vie. Tout au long de son voyage, Samy a le même sherpa, Johnny (il l’appelle ainsi à cause de ses t-shirts de Johnny Hallyday) qu’il s’est « choisi » en arrivant, ce dernier l’aide dans tout ce qu’il entreprend que ce soit dans ses entraînements à grimper des parois, dans l’installation de l’équipement, ou dans la préparation de ses repas. Johnny finit par devenir un véritable ami.

Ce qui m’a le plus gêné dans le film c’est que Samy ne rencontre aucune difficulté avant son ascension, tout se déroule comme il l’avait prévu et je trouve étrange que personne ne se rende compte que le jeune homme n’a aucune expérience en alpinisme. Contrairement au livre, Samy n’est pas atteint de « l’ivresse des cimes » ou du mal des montagnes. Mis à part la difficulté à grimper, il n’est face à pratiquement aucun obstacle. De plus, le fait que les sponsors soient plus présents aide beaucoup Samy dans chaque étape.

Ahmed Sylla est vraiment très drôle, on s’attache à tous les personnages, Nadia, les animateurs de la radio, les gars de la cité, les parents de Samy et Nadia, ses collègues, mais particulièrement à « Johnny » le Sherpa qui, par son innocence, le rend tout de suite amical et chaleureux. Quant à Cliff, devenu Jeff, c’est un guide à la « soixantaine bien conservée » dans le livre qui évite Nadir alors qu’il se montre plus proche de Samy et se confie bien plus.


En plus d’être drôle, ce film est très beau et Ahmed Sylla y réalise une très belle performance. Et qui ne rêverait pas que quelqu’un fasse cet exploit pour lui ?

4 commentaires:

  1. Coucou Justine !

    Je découvre ton blog depuis quelques minutes. J'avais vu sur un autre blog que la personne mettait les liens d'autres avis des livres qu'il chroniquait, et j'ai voulu faire pareil, j'ai trouvé le concept sympa. Du coup, j'ai cherché sur Livraddict des chroniques des livres que j'ai lu, et je suis tombée sur ta chronique d'Un tocard sur le toit du monde.
    J'ai plutôt aimé ce livre, sans grand plus pour ma part, mais ta chronique m'a fait l'aimer un peu plus ahah ! Je n'ai pas vu le film par contre, mais il me tente beaucoup !

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    1. Merci à toi ! Ton commentaire me fait très plaisir !
      Le film est vraiment super, si tu ne connais pas Ahmed Sylla, tu vas découvrir son humour et que ce gars est un génie ! Ahah !

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    2. Je connais un peu Ahmed Sylla, et je le trouve vraiment excellent ! ça me donne d'autant plus envie de voir le film !

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