lundi 19 juin 2017

Je vais bien, ne t'en fais pas

Auteur : Olivier Adam
Editions : Pocket
Genre : Drame familial
Date de sortie : 2009
Nombre de pages : 160

Quatrième de couverture
Une autre lettre de Loïc. Elles sont rares. Quelques phrases griffonnées sur un papier. Il va bien. Il n’a pas pardonné. Il ne rentrera pas. Il l’aime. Rien d’autre. Rien sur son départ précipité. Deux ans déjà qu’il est parti. Peu après que Claire a obtenu son bac. A son retour de vacances, il n’était plus là. Son frère avait disparu, sans raison. Sans un mot d’explication. Claire croit du bout des lèvres à une dispute entre Loïc et son père. Demain, elle quittera son poste de caissière au supermarché et se rendra à Portbail. C’est de là-bas que la lettre a été postée. Claire dispose d’une semaine de congé pour retrouver Loïc. Lui parler. Comprendre.
Mon avis


Il y a quelques années, j’avais vu le film à la télévision (il y passe d’ailleurs régulièrement) et il m’avait semblé très profond et triste. Il y a quelques temps, j'ai trouvé le livre sur une brocante (si mes souvenirs sont bons) et je me suis dit que ce serait sympa d’en faire la comparaison.

Les romans d’Olivier Adam sont connus pour toucher à la famille et à toutes ses complexités. Je vais bien, ne t’en fais pas est son premier roman adulte.

L’histoire tourne autour de Claire, une jeune femme qui vit très mal l’absence de son frère Loïc. Il ne lui donne des nouvelles que par cartes postales enfin jusqu’au jour où elle apprend qu’il n’en est rien. Toutefois, avant ces cartes postales et sans nouvelles de lui, la jeune femme a commencé à se laisser mourir à petit feu jusqu’à l’apparition de la première carte qui l’a ramené à la vie. Claire est entièrement dépendante de son frère, sans lui, elle est complètement perdue et ne sait même pas choisir un livre ou une musique. Ce qui est d’ailleurs un peu étrange parce qu’on croirait qu’elle n’a aucune personnalité propre. Elle est plus âgée que lui de deux ans et c’est lui son monde, les autres, elle s’en moque. Elle était très fusionnelle avec lui et il était son modèle. Comme Loïc n’est plus là, elle se laisse marcher dessus par tout le monde au point de faire une fellation à un homme qu’elle vient tout juste de rencontrer et qui lui donne de l’argent à la fin. Toutefois, Julien vient donner un second souffle à sa vie, il est le seul à la protéger depuis la disparition de son frère et comme elle ne couche pas avec lui dès le premier soir, on pourrait penser que c’est le bon. De plus, elle le présente rapidement à ses parents alors qu’il ne s’est rien passé.

Claire ne dit qu’à demi-mots ce qu’elle pense alors il est parfois compliqué de savoir ce qu’elle pense vraiment. La quatrième de couverture est exactement comme dans le livre, c’est haché, parfois sans phrase construite ou sans phrase complète. Ses pensées sont tellement incompréhensibles parfois que je m’interroge sur la signification de l’une d’elles :

« Claire n’a pas vingt-cinq ans. Mais elle sait qu’elle ne rejoindra pas ces images. Elle ne trouve pas ça grave. Ni triste. »

Est-ce que la jeune femme a décidé de mourir ? Même après l’arrivée dans sa vie de Julien ? Ce dernier a tout découvert mais va-t-il le dire à Claire ?


Je suis un peu déçue par cette lecture. Ce livre ne semble pas abouti car on se pose une foule de questions sur la fin : Qu’est-il vraiment arrivé à Loïc ? Pourquoi les parents ont-ils autant gardé le silence ? Pourquoi l’ont-ils fait enterrer si près de leur demeure si c’était pour ne rien dire ? Tout cela amène beaucoup de questions sans réponses. C’est une fin sans fin, on n’apprend rien, on ne sait rien. C’est frustrant !


📬


Titre original : Je vais bien, ne t’en fais pas
Réalisation : Philippe Lioret
Année : 2006
Durée : 1h36

Mon analyse


L’adaptation de Philippe Lioret répond à certaines questions du livre, sur le même modèle que le livre et la série du même nom 13 Reasons Why.

Je suis une grande fan de Julien Boisselier que j’avais trouvé remarquable dans Des fleurs pour Algernon et complètement timbré dans Jamais le premier soir. Dans Je vais bien, ne t’en fais pas, il joue avec tellement de sensibilités, je l’aime encore plus ! Ahah !

Les plus grosses différences entre le livre et le film sont les changements de prénoms, mis à part le père qui s’appelle toujours Paul, Claire est devenue Lili (Elise), la mère Irène est devenue Isabelle, l’amie Nadia est devenue Léa et le personnage de Thomas dans le film joue le rôle créé certes mais surtout inspiré d’Antoine et de Julien. Dans l’adaptation, Thomas et Léa sont ensemble, cette dernière n’est pas la jeune femme du livre qui enchaîne les conquêtes. Léa et Lili sont très proches, elles reviennent d’ailleurs d’un voyage en Espagne et Lili/Claire n’a pas été en vacances chez sa grand-mère. Le fait qu’elle ait des amis ne donne pas ce sentiment de solitude aussi fort que dans le livre mais il n’empêche pas moins que la disparition de son frère Loïc la pousse encore plus loin dans les tréfonds de la dépression. En effet, Lili décide de ne plus s’alimenter et à force de faire des malaises, ses parents l’envoient à l’hôpital où ils finissent clairement par l’interner pour qu’elle mange. Cependant, la jeune femme ne reprend goût à la vie (comme dans le livre) qu’à la première carte postale de son frère. De plus, Loïc est devenu son jumeau, ce qui fait qu’ils sont encore plus proches même si Lili est beaucoup moins dépendante de son frère dans le film. L’adaptation nous montre les transitions de Lili ; de ses études à son travail de caissière et de la maison de ses parents en banlieue à son appartement à Paris. On assiste aussi à tous ses déplacements; pour retrouver son frère, Lili se rend à Reims (elle propose à son père de venir avec elle mais il refuse) et en Normandie où Thomas la rejoint, c'est moins dur en Normandie parce que Thomas est là pour la soutenir.

Les parents joués par Kad Merad et Isabelle Renauld sont plus jeunes que dans le livre puisqu’ils ne sont pas encore en retraite. Ce sont des parents protecteurs bien que distants dans le sens où ils ne font pas étalage de leurs sentiments mais ne choisissent pas forcément la bonne voie de ne rien dire à leur fille. Contrairement au livre, le père dit à sa fille qu’il s’est disputé avec Loïc à cause de sa chambre mais ne rentre pas dans les détails. Les parents sont plus travaillés dans le film, le père est moins renfermé et montre ses sentiments. Il dit à Lili qu’il se reproche de n’avoir rien fait avec Loïc et pour se punir, il s’insulte lui-même sur toutes les cartes postales. C'est une partie pénible à entendre à chaque fois dans le film.

Au niveau des petites différences, Lili demande à être sauvée de son isolement par Léa et Thomas mais la tentative échoue, Lili reçoit un cadeau d’anniversaire « de la part » de Loïc et elle ne se rend pas à Portbail mais à Saint-Aubin.

(ATTENTION SPOILERS !) La fin est un peu perturbante… Thomas découvre la vérité sur la disparition de Loïc et Paul lui explique que le jeune homme a eu un accident alors qu’il faisait de l’escalade mais Thomas ne comprend absolument pas pourquoi ils ont caché à tous la vérité et les traite de fous. De son côté, Lili découvre la guitare de son frère caché dans le coffre de la voiture de son père. Ils apprennent en même temps la vérité mais… Ils ne se disent strictement rien au moment de se retrouver.

Pourquoi les parents gardent le silence à ce point ? Ont-ils vraiment atteint le point de non-retour au point de laisser leur fille « mourir » dans un hôpital psychiatrique ? Pourquoi ne rien dire au docteur de Lili à propos de la mort de son frère ? Leur silence est encore plus assourdissant que dans le livre. Peut-être qu’en faisant ce choix étrange, ils ont sauvé la vie de leur fille qui n’aurait pas supporté de l’apprendre aussi brusquement mais pourquoi rester aussi cloîtrés profondément dans leur mutisme ? Je trouve ça fou !

Ce film est très émouvant, il répond à certaines questions du livre dont la plus importante, celle sur la disparition de Loïc. Il montre aussi une volonté protectrice des parents vis-à-vis de leur fille qui perdent le contrôle quand cette dernière décide de suivre sans le savoir son frère jumeau. Ce n’est pas mon film préféré mais je le trouve très beau et tellement triste. En plus de tout, la bande son est géniale !


La chanson reprise plusieurs fois au cours du film est la fameuse « U turn (Lili) » du groupe AaRON, d'ailleurs, on peut voir le chanteur Simon Buret, c'est un ami de Loïc, Lili va le voir et y écoute pour la première fois la chanson écrite, selon lui, par son frère. Cette chanson est juste magnifique et je suis certaine que vous la connaissez déjà.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire