samedi 21 avril 2018

Les deux messieurs de Bruxelles

Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Editions : Albin Michel
Genre : Nouvelles
Date de sortie : novembre 2012
Nombre de pages : 288

Quatrième de couverture
« En amour, on croit être deux alors qu’on est trois. »
     Dans la lignée de Concerto à la mémoire d’un ange, La rêveuse d’Ostende et Odette Toulemonde, les nouvelles romanesques d’Eric-Emmanuel Schmitt parlent de l’amour sous toutes ses formes : conjugal, clandestin, paternel, filial, mais aussi amour de l’art ou amour de l’humanité. À travers un suspens subtil et ensorcelant, elles dépassent à chaque fois les apparences pour déjouer l’attendrissante complexité du cœur humain.
Mon avis

J’aime Eric-Emmanuel Schmitt depuis Odette Toulemonde. Il a le don de nous plonger rapidement dans de plus ou moins courtes histoires et de nous chambouler profondément. Pour le titre de ce recueil, il porte le nom de la première nouvelle.

Ces histoires racontent toutes la même chose : elles parlent d’amour et de fantôme. Non le fantôme qui fait peur mais la perte d’un être cher. Tous nos personnages en gardent une trace à vie voire ne se remettent jamais totalement de la disparition de l’être qu’ils ont perdu.

Les deux messieurs de Bruxelles : L’idée de base de cette histoire est déjà terriblement émouvante. Un couple homosexuel se marie « illégalement » en même temps qu’un couple hétérosexuel à l’église et nous, lecteurs, allons suivre la vie des deux couples en parallèle mais du point de vue du couple marié « pour de faux ». Ils ont des existences très différentes mais gardent à vie le point commun de s’être mariés le même jour au même endroit en même temps. C’est à la fois tragique et émouvant parce que les « deux messieurs de Bruxelles » associent tout le fondement de leur vie à celle de l’autre couple au point de vivre à travers eux. On est emporté par les émotions parce que les deux hommes ont bâti tout ce qu’ils avaient à partir des deux autres et de ce fait, on souffre doublement (voire quadruplement mais plutôt triplement).

Le chien : C’est la nouvelle qui m’a le plus touché parce qu’elle a un sujet fort : la Seconde Guerre Mondiale. Le début de l’histoire nous fait nous interroger et ne nous prédit en rien ce que l’on va apprendre par la suite. Elle me fait aimer davantage mes animaux et me rend fière de les considérer comme ma famille. Je ne pourrais pas en dire plus... juste lisez-la!

Ménage à trois : Cette nouvelle est très particulière parce qu’on ne comprend pas bien l’intérêt de l’histoire ou du moins, elle semble quelque peu banale et sa TOUTE DERNIÈRE PHRASE nous fait comprendre le GÉNIE de cette histoire. Je n’en dis pas plus mais elle m’a donné envie de faire quelques recherches sur l’issue de ce que l’auteur raconte.

Un cœur sous la cendre : J’ai été surprise par cette nouvelle de nombreuses fois parce qu’elle remettait en cause chacune de mes hypothèses sur la suite de l’histoire. Elle m’a aussi donné envie de visiter l’Islande (fascination de l’effrayant vis-à-vis du volcan). Sinon, c’est une histoire de famille. Une famille qui s’aime et se déchire à cause des hasards de la vie. A cause des autres, à cause d’eux-mêmes et à cause de circonstances météorologiques majeures, ils sont pris de plein fouet par le chagrin et la tristesse mais s’en sortent grâce à la vie elle-même.

L’enfant fantôme : Dernière nouvelle de ce recueil, le début de la nouvelle m’a rappelé une autre nouvelle d’un auteur indépendant et j’ai eu peur que ce soit le cas mais en réalité, elle est complètement différente. Elle touche, elle est poignante et elle fait pleurer. Pourquoi ? Parce que la chute de l’histoire remet en cause toute une histoire justement et toute une vie. Par contre, je n’ai pas compris quel était le lien entre le début de la nouvelle et sa fin. De ce fait, j’ai terminé le recueil de Schmitt par ce petit regret mais elle permet aussi de s’imaginer soi-même ce qu’il s’est vraiment passé (chacun pour soi).

J’aime beaucoup le style d’écriture de l’auteur, c’est un véritable modèle. Je m’imagine aisément Eric-Emmanuel Schmitt comme un philosophe et un homme sage, il m’impressionne.


La magie d’Eric-Emmanuel Schmitt a encore fonctionné sur moi. C’est un coup de cœur, de ceux qui viennent des tripes ! Maintenant, j’ai envie de relire Odette Toulemonde et de continuer sur ma lancée de ses nouvelles

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