dimanche 31 mars 2019

Les gratitudes

Auteure : Delphine de Vigan
Editions : JC Lattès
Genre : Fiction
Date de sortie : 2019
Nombre de pages : 192

Résumé
« Je suis orthophoniste. Je travaille avec les mots et avec le silence. Les non-dits. Je travaille avec la honte, le secret, les regrets. Je travaille avec l’absence, les souvenirs disparus, et ceux qui ressurgissent au détour d’un prénom, d’une image, d’un mot. Je travaille avec les douleurs d’hier et celles d’aujourd’hui. Les confidences.
Et la peur de mourir.
Cela fait partie de mon métier.
Mais qui ce qui continue de m’étonner, ce qui me sidère même, ce qui encore aujourd’hui, après plus de dix ans de pratique, me coupe parfois littéralement le souffle, c’est la pérennité des douleurs d’enfance. Une empreinte ardente, malgré les années. Qui ne s’efface pas. »
Michka est en train de perdre peu à peu l’usage de la parole. Autour d’elle, deux personnes se retrouvent : Marie, une jeune femme dont elle est très proche, et Jérôme, l’orthophoniste chargé de la suivre.
Mon avis

Depuis D’après une histoire vraie, je suis en admiration devant Delphine de Vigan. L’oppression du personnage de L. m’a beaucoup marqué et j’ai « adoré » cette sensation de claustration qu’elle m’a faite ressentir. C’est pour cette raison qu’en le finissant, je me suis dit « quelle génie » et en même temps, « quelle angoisse ». Dans Les gratitudes, je découvre une autre facette de l’auteure. On n’est plus dans l’étouffement mais la sensibilité.

Delphine de Vigan nous invite à découvrir Michka, une vieille femme qui a perdu quelque chose…les mots. Petit à petit, ils se mélangent et s’effacent de son langage pour ne plus jamais revenir. Elle sait qu’elle ne peut plus rester seule mais ne veut être un poids pour personne. Elle est comme ça Michka, un petit bout de femme qui a vécu deux vies : celle où elle a perdu ses parents, déportés et morts à Auschwitz et celle où elle est venue en aide à une petite fille qui serait probablement morte si elle ne lui avait pas ouvert son cœur. Michka est émouvante, vous ne savez pas à quel point.

Marie, la petite fille qu’elle a aidée, devenue jeune femme et Jérôme son orthophoniste nous retracent avec beaucoup de sensibilité son histoire. J’ai beaucoup aimé ces deux points de vue qui nous offrent une image forte et fragile de la vieille dame. A deux, ils nous apprennent énormément de choses sur elle, et sur la vie qu’elle a toujours menée. Parce que Michka a tout compris, elle sait que les mots sont importants et qu’il faut savoir les dire avant qu’il ne soit trop tard pour ne rien regretter (ce qu’elle essaie de faire comprendre désespérément à Jérôme en ce qui concerne sa relation avec son père).

Il est aussi question de l’importance des souvenirs d’enfance qui tiennent une place primordiale dans la vie de tout un chacun parce que c’est finalement ce dont on se rappelle le mieux. Je le remarque d’autant plus à chaque fois que je discute avec ma grand-mère. Sa mémoire se focalise désormais davantage sur son jeune temps.


C’est beau, c’est touchant et c’est profondément humain ! Ce livre est une petite merveille et, de ce fait, un coup de cœur ! Je vous le conseille fortement ! Il est court mais vous accroche dès les premiers instants pour ne plus vous relâcher et vous touche profondément. Je vais maintenant me faire un devoir de convaincre mon entourage de lire ce texte.

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