jeudi 8 juin 2017

Le Magicien d'Oz

Auteur : Lyman Frank Baum
Editions : J’ai Lu
Genre : Fantastique
Date de sortie : 1984
Nombre de pages : 160

Quatrième de couverture
Il y a eu un cyclone inouï, la petite Dorothée et son chien Toto ont été emportés dans un grand tourbillon, et les voici qui atterrissent… au pays féerique d’Oz !
Dorothée n’a cependant qu’un désir – et Toto aussi : rentrer chez eux, dans leur cher Kansas. Or, ce vœu, seul le Grand Magicien peut l’exaucer et il demeure loin, très loin, dans la Cité d’Emeraude.
Alors ils partent, courageux et confiants, et bientôt ils ont trois compagnons de route et d’espoir : un épouvantail qui aspire à devenir intelligent, un bûcheron-en-fer-blanc qui veut un cœur capable d’aimer, un lion timide qui rêve d’être un héros… Le Magicien d’Oz dira-t-il oui à ces requêtes ?
D’ici là, que de ravins et de prés maléfiques à traverser avant d’atteindre la Cité d’Emeraude. Que de sorcières à combattre !
Mon avis


Je connaissais vaguement le film et encore moins le livre mais quand j’ai appris que c’était une adaptation, je me suis procurée l’œuvre de L. Frank Baum.

Selon moi, Le Magicien d’Oz n’est pas un roman pour enfants mais bien un conte qui relate les aventures d’une petite fille et de ses amis fantastiques.

Dès son arrivée au pays d’Oz, je suis partie sur l’idée que Dorothée était en train de rêver. Ce sentiment est renforcé par le fait que la petite fille ne semble pas étonnée outre mesure de tout ce qu’elle découvre. Même pour quelqu’un qui a parfois l’impression d’avoir le syndrome de Peter Pan, ce livre est très enfantin. La naïveté est poussée à l’extrême au point qu’on a envie de crier aux personnages : « Mais ouvrez les yeux ! Vous êtes trop naïfs ! » Dès le début de ma lecture, je suis partagée sur l’idée que je me fais de cette histoire, elle donne le sentiment d’être un mélange entre Le Voyage de Gulliver de Jonathan Swift, les Schtroumpfs et Alice au pays des Merveilles de Lewis Carroll.

Cette volonté de ne pas donner de parents à Dorothée mais un oncle et une tante donne l’impression que l’auteur ne voulait pas qu’il y ait un trop grand déchirement de la séparation des parents et que Dorothée parvienne à vivre toutes ses aventures pendant tout ce temps sans trop pleurer la perte de ses parents mais juste l’absence de son oncle et sa tante.

Ce conte possède même une sorte de petite morale qui ressemble à : ce que l’on recherche vraiment se trouve toujours au fond de nous et lorsqu’on le cherche bien, on finit toujours par le trouver. En effet, tout au long de l’histoire, les personnages font preuve de ce quelque chose dont ils se disent dépourvu. Toutefois, Dorothée est la seule à avoir besoin de magie pour exaucer son souhait.

Plusieurs éléments de l’histoire viennent gêner et étonner (positivement ou négativement) ma lecture. D’abord, ils se disent tous amis mais sont prêts à s’abandonner les uns les autres, alors certes avec des regrets mais ils veulent à tous prix continuer leur route. Ensuite, le Bûcheron culpabilise d’écraser un insecte parce qu’il n’a pas de cœur mais alors pourquoi tue-t-il le chat qui tente d’attraper les souris d’un coup de hache ? Ne pouvait-il simplement pas l’effrayer pour le faire partir ? De plus, c’est le premier conte que je lis où l’héroïne prend le temps de faire sa toilette. Généralement, ils mangent et ils dorment mais c’est tout alors que dans ce récit, l’hygiène est aussi importante que le reste. Et enfin, quand les personnages arrivent à la Cité d’Emeraude, je crois que je n’ai vu autant de fois écrit le mot « vert » dans un texte, c’est surréaliste.


C’est un conte qui se lit très vite et malgré quelques répétitions tout au long du récit, on a envie de savoir si Dorothée finit par rentrer chez elle. C’est un conte sur la quête de ce que l’on recherche au plus profond de soi. De plus, j’ai découvert avec cette traduction française que je confondais les mots « poltron » (= excessivement peureux) et l’argot « pochtron » (= ivrogne), du coup, pendant plusieurs pages, j’ai eu des difficultés à comprendre le cas de Lion.


🦁👧🌾🤖


Titre original : The Wizard of Oz
Réalisation : Victor Fleming
Année : 1939
Durée : 1h38

Mon analyse


Ce film est une véritable référence pour les Américains, c’est un classique au même titre qu’Autant en emporte le vent du même réalisateur Victor Fleming.

Il met en scène la très célèbre Judy Garland qui joue le rôle de Dorothy Gale (What !? J’ai découvert qu’elle était la mère de Liza Minnelli), c’est une Dorothy un petit peu plus âgée mais qui n’en garde pas moins une certaine naïveté.

Dans la version française, Tante Em est devenue Tante Olympe et avec son mari, ils ne vivent pas loin de toute civilisation comme dans le livre, en effet, ils font partie d’un petit village où seule la méchante voisine (qui ressemble beaucoup à Nanny McPhee) veut faire tuer Toto, le chien de Dorothy, à cause de son chat et de son comportement, le reste des habitants s’entend à merveille. Quant à Dorothy, elle n’a pas l’air dégourdie, un des voisins dit même d’elle qu’elle n’a pas de cervelle. Toute la partie avant l’ouragan ne fait pas partie du conte, de ce fait, Dorothy ne s’enfuit pas de chez elle pour sauver Toto et ne rencontre pas le Professeur Marvel qui n’est rien d’autre qu’un arnaqueur. Et elle n’essaie pas de rentrer pendant l’ouragan après que ce dernier lui ait dit que sa tante était tombée gravement malade lorsqu’elle a appris sa disparition. Tous ces éléments ne sont pas dans le livre.

Pendant ma lecture du livre de L. Frank Baum, je me demandais si Dorothée (Dorothy) n’était pas en train de rêver de ce pays d’Oz et de ces habitants… et le réalisateur Victor Fleming est finalement parti sur la même idée. Preuve que c’est un rêve, au moment où la maison est emportée par l’ouragan, Dorothy croise les gens de son village et des animaux dans le ciel. De plus, elle voit sous ses yeux la méchante voisine devenir une méchante sorcière du pays d’Oz. En parlant de cette vilaine sorcière, elle persécute Dorothy et ses amis dès le début de son arrivée. De plus, la jeune fille porte des souliers rouges et non d’argent. D’ailleurs, elle ne les prend pas elle-même, elles apparaissent comme par magie à ses pieds. Dans le cas de la couleur, elle apparaît au moment où la jeune fille arrive au pays d’Oz. Toute l’action semble se dérouler en une seule et même journée et n’est pas étalée sur plusieurs semaines, de ce fait, Dorothy rencontre tous ses nouveaux amis le même jour. Ils font tout ensemble même pour rencontrer le Magicien, ils ne se séparent pas. Toutefois, ils ne rencontrent absolument pas tous les obstacles du livre.

Je suis déçue que le Magicien ne réalise pas les souhaits des compagnons de Dorothy comme dans le livre. A l’Epouvantail, il lui donne un diplôme au lieu d’une cervelle, au Lion, une médaille au lieu d’une fausse potion et au Bûcheron, un collier horloge en forme de cœur au lieu d’un faux cœur. Cela avait plus de signification que ces artifices.

Pour énumérer les autres petites différences rapidement : la Reine des souris et sa troupe ne viennent pas aider les personnages, les habitants de tout le pays d’Oz ne se différencient pas par une couleur respective, Dorothy n’a pas reçu le baiser protecteur de la Bonne Sorcière, personne ne porte de lunettes vertes à la Cité d’Emeraude, les protagonistes sont réparés avant de voir le Magicien, la Méchante Sorcière de l’Ouest attaque aussi les habitants de la Cité qui demandent à voir le Grand Magicien, ce dernier ne veut pas que la Méchante Sorcière meurt mais simplement son balai, dans le livre, les singes ailés ne sont pas foncièrement méchants, ils doivent juste répondre aux ordres de la Coiffe magique, il n’y a pas de pays de porcelaine, et le Bûcheron et le Lion n’aident pas l’Epouvantail dans la gouvernance de la Cité d’Emeraude.

C’est un gentil film. Comme pour La Belle et la Bête de Jean Cocteau, je n’avais pas compris que les voisins de Dorothy au Kansas étaient l’Epouvantail, le Bûcheron et le Lion de son rêve. Sinon, c'est une bonne adaptation de ce texte mythique.

Cette adaptation du conte de Lyman Frank Baum est surtout connue pour sa célèbre chanson « Over The Rainbow » (ou plus communément appelée « Somewhere Over The Rainbow ») interprétée par Judy Garland. Beaucoup connaissent aussi la reprise d’Israel "IZ" Kamakawiwo’ole.

🦁👧🌾🤖

Titre original : The Wiz
Réalisation : Sidney Lumet
Année : 1978
Durée : 2h14

Mon analyse

L’adaptation la plus connue après celle de Victor Fleming est celle de Sidney Lumet. A la différence de la première, les acteurs sont tous Afro-Américains.

Ce film est lui-même l’adaptation d’une comédie musicale jouée à Broadway, c’est pour cette raison qu’on y retrouve beaucoup de musiques et de chorégraphies. Dès le début du générique, je suis fan de la musique et de l'ambiance générale.

Dorothy n’est pas une enfant mais une adulte, c’est une institutrice. Elle est très timide et est au petit soin avec tout le monde. Ce qui pèse le plus à Dorothy, c’est la solitude et le manque de confiance en elle. Sa tante Em veut qu’elle devienne professeur au lycée et qu’elle ait sa propre maison. Mais aussi qu’elle élargisse le champ de ses possibles, c’est-à-dire qu’elle aille au-delà de « la 125ème rue » de New-York, là où vit la jeune femme et sa famille. Ce vœu est entendu par une bonne fée qui provoque une tempête de neige où sont entraînés Dorothy et Toto vers le pays d’Oz. Ils atterrissent dans un terrain vague où des gens en graffiti sortent des murs et portent de drôles de tenues. Ils ont tous été ensorcelés par la Méchante Sorcière de l’Est. D’ailleurs, la première Bonne Sorcière que rencontre Dorothy ressemble étrangement à la dame aux pigeons dans Maman, j’ai raté l’avion. Quant aux compagnons de Dorothy, l’Epouvantail n’est pas bourré de paille mais de papiers tous tirés de grands auteurs ou penseurs, de ce fait, comme il sait lire, il ne perd pas une occasion de prononcer une citation. L’homme de fer est découvert dans un parc d’attractions abandonné et n’est pas bûcheron, il a été marié quatre fois et n’a jamais été homme comme dans le livre. Et le Lion s’appelle Séraphin. Au fond, ils veulent tous ressentir quelque chose qu’ils ne connaissent pas. Le plus différent de tous les personnages est le Magicien d’Oz qui, en réalité, se nomme Herman Smith, c’est un politicien de seconde zone dans le New Jersey. Il n’est pas très vieux et est encore plus pathétique que les autres. Étrangement, Dorothy laisse ses amis se faire torturer par la Méchante Sorcière mais ne supporte pas que son chien subisse un sort semblable… C’est peut-être d’ailleurs l’un des rares moments où elle pense à son chien parce que le reste du temps il n’est pas là. Au même titre que le Lion, tous les animaux (excepté Toto) sont des êtres humains déguisés. Il en va de même pour les objets, ils se déplacent tous seuls et on sent qu’il n’est pas question d’effets spéciaux.

Au final, c’est Dorothy qui apporte la morale de l’histoire en faisant comprendre à tous ses amis qu’ils possèdent déjà au fond d’eux ce qu’ils recherchent le plus au monde. Du fait qu’elle soit adulte, elle le comprend très bien alors que la Dorothée enfant croit qu’ils en ont vraiment besoin. De plus, elle conseille à Oz de ne pas rester enfermé seul dans sa chambre de la Cité d’Emeraude et de partir.

On ne retrouve pas la magnificence du pays d’Oz mais plutôt un paysage désertique voire apocalyptique, tout est abandonné et quelque peu sale. Les péripéties sont adaptées à l’endroit où sont tournés les scènes du film. Tout est prétexte à la danse et au chant. Et parfois, sans raison, il y a des gros silences qui s’installent… qui peuvent s’avérer gênants.

Les petites différences sont à peu près équivalentes à celles de l’adaptation de Victor Fleming excepté le fait que le champ de pavots ait été remplacé par des prostituées qui lancent de la poussière magique, que le soleil est une grosse pomme, qu’Oz ne reparte pas dans sa montgolfière, que l’on ne sait pas ce que deviennent les compagnons de Dorothée et que, finalement, elle n’a pas rêvé.

C’est mon adaptation préférée du Magicien d’Oz, même si quelques éléments de celle de 1939 devraient y être greffés. Toutefois, même si les effets spéciaux ne cassent pas trois pattes à un canard, il y a des musiques très entraînantes et des chorégraphies de folie.

Mention spéciale à cette chanson surréaliste « The Crow Anthem »le regretté Michael Jackson chante les commandements des corbeaux. 



🦁👧🌾🤖


Titre original : Oz the Great and Powerful
Réalisation : Sam Raimi
Année : 2013
Durée : 2h07

Mon analyse


C’est la version la plus récente autour du pays d’Oz et se concentre autour du Grand Oz lui-même, quelle était sa vie et comment il est parvenu jusqu’au pays qui porte son nom, contenu sur seulement deux ou trois pages dans le livre.

Le film débute sur la carrière piteuse d’un magicien bas de gamme et menteur du nom d’Oscar Diggs (dont le surnom est Oz) qui concentre tout son pouvoir sur l’illusion. A la différence du livre où il était ventriloque puis homme-ballon (c’est-à-dire qu’il faisait « de la réclame » pour un cirque), dans le film, il se fait passer pour un magicien. Dans le livre, il ne fuit pas un mari jaloux dans une montgolfière mais est emporté par celle-ci alors qu’il faisait sa pub. On apprend aussi qu’à cause de lui, une bonne sorcière qui se nomme Theodora est devenue l’une des fameuses Méchantes Sorcières. Pourtant, à la base, la jeune femme ne voulait pas devenir méchante mais poussée par sa sœur et troublée par le comportement contradictoire du Magicien, elle se laisse aller du côté obscur (de la Force). Il est présent en ces lieux à cause d’une prophétie qui annonçait son arrivée et qu’il sauverait toute la population malmenée par les Méchantes Sorcières. De la même manière que Dorothée doit tuer la méchante sorcière de l’Ouest pour qu’Oz réalise son souhait, le Magicien doit tuer la Bonne Sorcière (bien qu’il pense qu’elle soit mauvaise) en brisant sa baguette pour pouvoir devenir le Roi et posséder tout l’or du royaume. Un de ses effets spéciaux de la grosse tête est retrouvé dans le livre quand il tente de faire croire à Dorothée et ses amis qu’il n’est pas qu’un pauvre être humain. De plus, ce n’est pas lui qui fait bâtir la Cité d’Emeraude, elle est présente bien avant qu’il ne débarque dans ce pays. On retrouve la route de briques jaunes qu’il se voit lui aussi contraint de suivre. Il est aidé d’un singe ailé en uniforme de groom du nom de Finley bien différent des méchants singes ailés qui aident les mauvaises sorcières et d'une petite fille du pays de Porcelaine. Au fond, c’est un magicien au grand cœur très ingénieux dans l’art d’ « embrouiller » les gens. Au final, c’est un vrai magicien mais qui utilise la magie basique, c’est-à-dire celle de l’illusion. Oz aime remettre des cadeaux, il le fait avec ses amis après les avoir sauvés et le fait aussi avec les compagnons de Dorothée plusieurs années plus tard.

Ce film représente complètement la magie des lieux du pays d’Oz, tout est magnifique et coloré. C’est aussi une des rares adaptations qui met en scène le pays de Porcelaine. Il est différent de ce que j’imaginais, déjà parce qu’il n’est pas complètement en porcelaine et parce qu’à son arrivée, Oz le trouve totalement ravagé.

Dans le même cas que les autres adaptations, les habitants n’ont pas chacun leur propre couleur. De la même manière que pour l’adaptation de Victor Fleming, la couleur apparaît dans le film au moment où Oz arrive au pays d’Oz. Un autre petit clin d’œil apparait avec le fait que son assistant l’appelle Professeur comme le Professeur Marvel au début du film de V. Fleming qui au pays d’Oz prend l’apparence du Magicien.


J’aime bien cette adaptation de la vie du Grand et Magnifique Oz. On en apprend davantage sur les raisons de sa toute-puissance dans la Cité d’Emeraude et dans tout le royaume d’Oz qui nous faisaient défaut dans le conte de L. Frank Baum.

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