lundi 10 juillet 2017

Raees

Titre original : Raees
Réalisation : Rahul Dholakia
Genre : Action, Drame
Année : 2017
Durée : 2h23

Synopsis

À Gujarat dans les années 1980, Raees, un gamin des rues, utilise son intelligence pour prendre le contrôle de la contrebande locale, mais tente aussi d’aider son peuple.

Mon analyse

Le synopsis ne m’emballait pas forcément au départ mais Shahrukh Khan (SRK) ne pouvait que me convaincre de le regarder. Cet acteur bollywoodien a beau avoir plus de 60 ans, il est encore et toujours dans une forme olympique, c'est impressionnant.

Ce film s’inspire librement de la vie du criminel Abdul Latif, grande figure du trafic d’alcool et coupable de plus d’une centaine de meurtres. C’est aussi l’histoire d’une prohibition qui a eu du mal à s’imposer dans certaines régions indiennes.

L’histoire commence doucement par la vie d’un enfant des rues qui aide sa mère financièrement en pratiquant la contrebande d’alcools pour des grands noms de trafiquants de son quartier. Par son côté malin et négociateur, le jeune garçon devient rapidement connu et son nom « Raees » sollicite déjà un certain respect. Et puis, l’enfant grandit et l’histoire se déroule toujours covenablement jusqu’à ce que Raees décide de prendre son indépendance et de monter son propre business. Déjà que l’on n’était pas dans le monde des Bisounours mais là, cela ne va pas aller en s’améliorant. En effet, le désir d’indépendance de Raees l’amène à devenir violent avec les autres et à commettre l’irréparable. Il faut déjà savoir que le jeune homme ne supporte pas que quelqu’un puisse l’appeler « le Binocleux » et devient extrêmement violent au point de ruiner tous ses projets si tel est le cas. (Je vous mets un peu dans l’ambiance du personnage).

Toutefois, Raees n’est pas le simple truand qui a su gérer sa contrebande d’alcools. A partir du moment où il commet son premier meurtre, il dépasse un stade et ne peut plus revenir en arrière. Il ne le fait pas que pour son compte personnel, en tant que véritable messie pour tout son peuple, il écoute leurs injustices et essaie autant que possible de répondre à leur attente même si cela doit aboutir au meurtre. Raees se transforme en justicier-meurtrier et devient alors rapidement puissant parmi eux. Mais il a l’ivresse du pouvoir qui finit par le rendre un peu fou. Cependant, c’est un personnage paradoxal, malgré l’histoire du « binocleux », il n’est pas foncièrement mauvais et cherche par tous les moyens à aider les autres, il voit grand pour tout le monde et veut les rendre heureux. Sa priorité est de rester fidèle à son peuple mais d'autres hommes puissants, jaloux de sa toute puissance, se montent contre lui. Et sans que ce soit réellement de sa faute, il est accusé de terrorisme après une grosse explosion qui fait beaucoup de morts (dont des enfants). A ce moment de l'histoire, Raees ne se remet pas de cette tragédie et ne supporte pas d'être indirectement le responsable de cette barbarie. On peut alors voir sa part d'humanité au grand jour.

D’autres personnages l’entourent et sont tout aussi convaincants dans leur rôle. Pour commencer, il y a Sadiq, son ami d’enfance avec qui il faisait déjà de la contrebande enfant et qui le suit et lui obéit en toutes situations. Il est son assistant mais aussi parfois son esclave car il fait toutes les basses besognes de Raees sans rien dire en retour. Toutefois, la fin nous fait comprendre qu’ils étaient avant tout deux véritables amis avec un profond attachement l’un pour l’autre. Ensuite, il y a Aasiya, la femme de Raees qui n’est pas choquée outre mesure par le métier de son mari et qui le soutient malgré toutes les épreuves. D’ailleurs, quand elle apparaît la première fois à l’écran, j’étais obnubilée par ses cheveux qu’elle n’arrêtait pas de bouger à chacun de ses gestes telle une grande tragédienne (le clip à la fin de l'article va vous le prouver). Pour terminer, Raees doit faire face à l’Inspecteur Jaideep Majmudar qui se fait muter plusieurs fois par ses supérieurs qui sont en étroite collaboration avec le criminel (tout autant que la presse), cependant, c’est un flic qui a toujours de la chance dans ses mutations. En effet, comme par hasard, il quitte son service pour se retrouver au sous-sol où se trouvent les appareils pour mettre les gens sur écoute. Même quand il est muté ailleurs, BIM un indice le ramène à son suspect. C’est fou ! Il est l’archétype du personnage qui est le seul à ne pas être corrompu. Il est persistant à fond et est le seul à se préoccuper de mener à bien la justice dans son pays (à ce niveau, on ressent bien le côté romanesque de l’histoire). Toutefois, je l’aime bien ce flic, il me fait bien rire.

(ATTENTION SPOILERS !) Pardonnez-moi l’expression mais Raees est mort comme un chien, abattu par le fameux flic chanceux dans son malheur, lui et ses hommes ont laissé son corps en plein « désert » sans se préoccuper du reste, il n’est pas rapporté à sa famille parce qu’il est perçu comme un terroriste alors qu’il n’en est rien. C’est frustrant. Pas de procès, pas de justice. Cependant, Raees n’a pas fui comme un lâche et a affronté directement sa sentence. Il est aussi question d’EXAGÉRATION dans ce film. Toutes les scènes de combat, de sauts et tout ce qui touche à la force sont EXTRÊMEMENT exagérées. La scène du meurtre en est l’apothéose. Elle dure longtemps et le flic doit tirer trois balles avant de VRAIMENT tuer Raees. (FIN DU SPOIL !) Une autre scène me revient à l’esprit : celle où Raees se bat à mort, le sang gicle partout et sa chemise blanche immaculée est nickel, il n’y a pas une seule goutte de sang sur sa tenue. Cela tient limite du faux raccord. Et parfois, les personnages manquent vraiment de jugeote. Au début du film, Raees et Sadiq avaient besoin de 100 000 roupies… Pourquoi n’ont-ils pas revendu la voiture pour ce prix au lieu de la revendre à un prix moyen, de racheter des moutons pour l’Aïd et de les revendre ensuite ? Cela n’a aucune logique !

J’ai apprécié ce film, sans transcendance mais il se laisse regarder. Il remet vraiment en question le pouvoir de corruption, c’est hallucinant comme tout le monde parvient à faire des compromis pour de l’alcool.


Mention spéciale à la chanson « Udi Udi Jaye ».


« Aucun travail n’est trop bas et aucun devoir n’est plus grand. »

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