mercredi 29 mai 2019

La Vraie Vie

Auteure : Adeline Dieudonné
Editions : L’iconoclaste
Genre : Drame
Date de sortie : 2018
Nombre de pages : 276

Quatrième de couverture
   C’est un pavillon qui ressemble à tous ceux du lotissement. Ou presque. Chez eux, il y a quatre chambres. La sienne, celle de son petit frère Gilles, celle des parents, et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. La mère est transparente, amibe craintive, soumise aux humeurs de son mari. Le samedi se passe à jouer dans les carcasses de voitures de la décharge. Jusqu’au jour où un violent accident vient faire bégayer le présent.
   Dès lors, Gilles ne rit plus. Elle, avec ses dix ans, voudrait tout annuler, revenir en arrière. Effacer la vie qui lui apparaît comme le brouillon de l’autre. La vraie. Alors, en guerrière des temps modernes, elle retrousse ses manches et plonge tête la première dans le cru de l’existence. Elle fait diversion, passe entre les coups et conserve l’espoir fou que tout s’arrange un jour.
Mon avis

Cette histoire, c’est une claque qu’on accepte de se prendre et que je trouve nécessaire. Dès qu’on lit les premières pages, une atmosphère étrange s’en dégage où, instinctivement et même sans avoir lu la quatrième de couverture, on sait qu’une catastrophe va survenir et mettre à mal un certain équilibre. C’était vraiment bizarre de ressentir cette sensation d’emblée, c’est comme le calme avant la tempête. Et effectivement, un drame a lieu (pas du tout celui auquel je m’attendais) et remet en cause l’existence plus ou moins paisible de deux enfants (bon en vrai, elle n’est pas du tout paisible).

Une grande sœur dont on ignore le prénom nous raconte sa vie et celle de son petit frère Gilles qu’elle tente de protéger par tous les moyens. Sa mère, qu’elle compare à une amibe et qui vénère ses chèvres et son père, un homme qui instaure un drôle de climat à la maison. (Comment vous en dire un peu sans trop en dire ?)

On suit cette famille sur plusieurs étés dans un quartier qui se veut tranquille mais dans lequel il se passe un tas de choses dont on ignore la véritable existence. Parce qu’en réalité, cette famille pourrait représenter nos voisins, des gens qu’on côtoie un peu mais que, finalement, on ne connaît pas véritablement.

On se sent autant prisonnier que cette petite fille dont on ne connaît pas le prénom, elle essaie de ne pas se faire remarquer mais le prédateur repère toujours sa proie et c’est réellement ce que l’on ressent pour elle : elle est la proie d’un chasseur qui a décidé de ne pas la lâcher et de la traquer jusqu’à ce qu’un des deux finisse par prendre le pas sur l’autre.

J’ai eu peur pour elle tout au long de ce histoire, mais en ce qui concerne le petit Gilles, j’avais perdu tout espoir parce que le Côté Obscur de la Force (on n’est pas dans Star Wars mais presque) semblait l’avoir pris dans ses griffes. Cependant, elle, n’abandonne jamais. En cela, cette histoire est incroyablement forte et elle vous prend aux tripes pour ne plus vous relâcher avant la fin.

La petite fille que l’on voit grandir au fil des étés s’accompagnent d’adultes qui lui apportent une certaine stabilité dans cette vie qui n'est pas ordinaire. Ils lui apprennent le savoir et l’amour, et sans eux, elle n’aurait probablement pas acquis autant de force.

Je pourrais vous en parler encore et encore mais simplement vous conseiller de le lire me semble primordial parce que ce livre est essentiel et devrait être lu par chacun même si certains passages sont compliqués.


C’est dur, tellement difficile mais c’est incroyable ! Ce sentiment de malaise et de souffrance prochaine qui s’est insinué en moi dès les premières pages m’a bouleversé, et cette délivrance, au moment d’un certain évènement, nous fait chavirer. On souffre, on sent le mal s’insinuer et pourtant, on garde l’espoir. C’est un coup de cœur, j’ai adoré !

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